
INTRODUCTION
"Tarothérapie" : que signifie ce thème,
curieux assemblage d'un terme appartenant au domaine de l'ésotérisme, voire de la
voyance, et d'un autre appartenant à un domaine beaucoup plus scientifique, même s'il
s'agit de sciences "humaines" ?
Ce site a été créé pour tenter d'apporter à cette question quelques éléments, sinon
de réponse, tout au moins de réflexion..
Divination ou Initiation ?
De par ma formation initiale d'orthophoniste, incluant de nombreuses
heures de cours de psychologie, j'ai toujours été sensibilisée à tout ce qui touchait
à la relation à l'autre, dans une dimension d'aide.
Par ailleurs, mes élans personnels m'ont conduit, de par mon cheminement, à étudier bon
nombre des outils utilisés dans les traditions ésotériques du monde entier, du Yi-King
aux Runes en passant par le Tarot.
Quelle que soit la Tradition, on trouve toujours à minima deux utilisations de l'outil en
question : la première est divinatoire, ayant pour objectif de prévoir
le futur du consultant ; la seconde est initiatique, et lui propose
plutôt une réflexion sur le fait que les éléments constituant son présent sont le
germe d'un futur possible dont il reste le seul maître, potentiellement, s'il sait
utiliser la plénitude de son libre-arbitre.
La première approche ne m'a jamais intéressée, car elle présuppose une vision
déterministe de l'univers, à laquelle je n'adhère pas. De plus, dans cette approche, le
consultant est totalement déresponsabilisé, s'en remettant aux dires de celui qu'il
consulte : là est le point de départ de toutes les errances pour le consultant, et de
toutes les dérives possibles selon l'éthique de celui entre les mains duquel il a remis
son sort...
En revanche, la seconde approche a toujours eu mes faveurs, car elle respectait totalement
le libre-arbitre du consultant, l'invitant, plutôt que de s'en remettre à un
"demain" déjà écrit, à prendre conscience de sa capacité propre à écrire
sa vie jour aprés jour. Dans cette approche, la consultation et l'utilisation de l'outil
choisi deviennent de simples instruments de conscientisation par le consultant
d'éléments présents dans sa vie, mais dont il n'avait pas totalement intégré le sens
jusque là.
Dans cette optique, il lui est tendu un miroir lui permettant de se voir mieux, ce qui lui
permettra de faire ensuite ses propres choix, en disposant d'une meilleure lisibilité de
ce qui constitue son paysage intérieur et son environnement extérieur, à l'instant de
la consultation.
Cheminement dans la pratique
C'est dans cette vision de l'utilisation de l'outil Tarot que j'ai
travaillé en consultation pendant neuf ans.
Je me servais alors exclusivement d'un tirage qui m'avait été transmis par mon Guide,
tirage nommé le "Tarot de l'Ame" : très complexe, ce tirage à 36 cartes
utilisait conjointement les 22 arcanes majeurs du Tarot, les lames d'un jeu astrologique,
et les cartes des Runes. C'est grâce à ce tirage que j'ai développé sur le terrain ma
capacité à relier fluidement des éléments symboliques dont les liens n'étaient pas
évidents à première vue...
Au cours de ces neuf années, j'ai toujours cherché à améliorer, consultation après
consultation, ma capacité à "être avec" le consultant, étant insatisfaite de
la trop grande part accordée à l'outil avec lequel je travaillais, et souhaitant aller
vers une façon de travailler dans laquelle la relation et l'écoute de l'autre serait
encore plus au premier plan. Dans Tarothérapie, on trouve l'outil "Tarot", et
l'ouvrier "Thérapeute" : je trouvais que la part que je donnais à l'outil dans
mes consultations se faisaient toujours à un moment donné au détriment de l'ouvrier que
j'étais alors.
Guérisseur ou Thérapeute ?
Par ailleurs, je travaillais à cette époque là en mode
"guérisseur", ce qui ne me convenait guère : les personnes venant me consulter
sortaient "guéries" et enchantées, et m'envoyaient d'autres personnes à
"guérir"...
Je précise la nuance que je fais entre le terme de "guérisseur" et celui de
"thérapeute" : face au "mal" (physique, psychique, spirituel) dont on
souffre, un guérisseur a la capacité de guérir, c'est-à-dire d'enlever purement et
simplement le mal en question. "Génial !" me direz-vous ? Pour ma part, je ne
trouve pas : car je considère que "mal" en question est là "spécialement
pour" (comme dirait Thierry
Tournebise, créateur de la thérapie maieusthésique) attirer notre attention sur une
part de nous-même à rencontrer. Enlever le "mal", c'est donc enlever le
panneau indicateur qui nous indique la direction du trésor que nous avons à trouver en
nous !
Le thérapeute, selon l'étymologie, "prend soin" de l'être : il est le
"bon compagnon sur le chemin", et accorde toute son attention au
"mal", précieux panneau indicateur du trésor à trouver en nous. Sa
compétence ne va donc jamais se mesurer à sa capacité à enlever le "mal",
mais plutôt à accompagner le consultant à en comprendre le sens, jusqu'à rencontrer
son "trésor" : lorsque le trésor est rencontré, lorsque la
conscientisation est faite, le "Dragon"/mal disparait de lui-même, n'ayant plus
de raison d'être...
Je fonctionnais donc à l'époque en mode "guérisseur", emportée par mon fort
besoin de contribuer au bien-être d'autrui... Or, je sentais que quelque chose clochait
dans cette façon de fonctionner, sans pour autant m'autoriser à fonctionner autrement,
m'étant interdit le mode "thérapeutique" depuis mes cours de psychologie en
faculté d'Orthophonie : ayant associé "thérapeute" avec "neutralité
bienveillante", et "neutralité bienveillante" avec "froideur"
(au vu des démonstrations qui m'en avaient été faites par mes enseignants en faculté),
je ne me voyais pas du tout "thérapeute"...
En fait, je me sentais bienveillante, trop peut-être : il me semblait que j'en perdais
alors la sacro-sainte "neutralité" qui signe indiscutablement le véritable
thérapeute...
A cette époque, ayant des difficultés à nommer le mode dans lequel je travaillais, je
préférais utiliser le terme de "Passeur" plutôt que celui de
"thérapeute", et celui de "chemin parcouru ensemble" à celui de
"séance".
La rencontre avec des êtres comme Thierry Tournebise (dont je vous recommande la lecture
du livre "Ecoute thérapeutique : coeur et raison en psychothérapie", éditions
ESF) a heureusement pour moi très largement contribué à lever le voile sur la dimension
véritable (et pourtant souvent floue pour beaucoup...y compris pour certains thérapeutes
eux-mêmes !) du positionnement du thérapeute : j'ai, grâce à lui, redécouvert ce que
je pressentais, à savoir que le thérapeute peut être chaleureux sans être pour autant
dans l'affectivité, être sensible sans être émotif, être distinct de son consultant
sans en être distant, et surtout, plus que tout, avoir le non-savoir comme source de
compétence : non-savoir de la réalité de l'autre, dans l'expression du Vivant qui
l'habite à chaque instant...
Axes de recherche
Au fil du temps, et de l'intégration de ces notions dans ma pratique,
rassurée au fil des années sur le fait que je pouvais "guérir" l'autre (en
cas d'urgence), souhaitant avant tout cheminer vers un rôle dans lequel je serai en
mesure de l'accompagner jusqu'à l'endroit où il trouverait lui-même les ressources pour
se guérir, j'ai été amenée à tenter de formuler plus précisément ce que recouvrait
les notions de Tarothérapie et de Tarothérapeute. Dans cet esprit, j'ai axé mon
approche sur deux axes :
· "l'ouvrier" (le thérapeute)
· "l'outil" (les méthodes utilisées en séance)
A partir de ce moment-là, je me suis réinvestie dans des formations dont je m'étais
éloignée depuis des années : celles qui touchent au relationnel, à la communication
(techniques d'écoute, de reformulation, assertivité, Communication NonViolente,
communication thérapeutique dans le cadre de la thérapie maieusthésique, etc.), et à
la pratique thérapeutique...
Parallèlement à cette démarche (que je poursuis toujours actuellement, et pour laquelle
je resterai toujours en "formation continue"), je suis partie en quête de
nouveaux outils ou de nouvelles approches des outils que j'utilisais déjà : l'une de mes
élèves en Tarot m'ayant parlé du Référentiel de Naissance-Tarot, je me suis dit que,
le hasard n'existant pas, il y avait peut-être là quelque chose à aller voir...
Dès la lecture des deux ouvrages de Georges Colleuil (créateur du Référentiel de Naissance-Tarot), j'ai
su que j'avais rencontré le bon outil au bon moment.
Les cours avec Georges Colleuil furent pour moi l'occasion d'approfondir les notions
déjà acquises préalablement sur le Référentiel, et d'élargir mon horizon quant à
son utilisation. Très vite, sans même y avoir réellement pensé, le Référentiel de
Naissance a remplacé le tirage du "Tarot de l'Ame" dans mes consultations : la
transition se fit en douceur, avec évidence... un cycle de neuf ans venait de se finir,
un autre commençait...
Le changement d'outil me donna l'occasion de commencer à utiliser le nouveau mode
relationnel que je souhaitais désormais employer en consultation.
Après deux ans de pratique de ces nouvelles modalités, j'ai accompagné avec le
Référentiel de Naissance plus d'une centaine de personnes, et vous trouverez sur ce site
l'état actuel de mes réflexions sur la Tarothérapie, avec pour commencer une tentative
de définition du Tarothérapeute, en page suivante.
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