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La clef des sons dans la pratique du Reiki
Le contenu de cette article peut être reproduit librement,
sous réserve de citer son auteur (Isabelle Padovani),
et son site d'origine (www.onsei-do.com)
Article revu et
modifié le 8 février 2005
Si
des lignes de sons (habituellement nommées
"kotodama" par les pratiquants de
Reiki) sont désormais enseignées par certains enseignants en Reiki, peu
d’informations sont connues, tant sur leurs origines que sur leurs modalités de
pratique et d’utilisation.
L'objectif des pages qui suivent est donc de fournir des
éléments sur ce sujet, afin que transmetteurs et pratiquants aient :
• une meilleure compréhension de la nature, de la signification de ces sons et
des modalités possibles de leur utilisation dans la pratique du Reiki ;
• une vision plus claire de la relation existant entre Reiki et Kototama.
A cet effet, je me propose, après vous rapidement parlé de mon parcours dans ces
deux voies, d’étudier la nature des lignes de sons actuellement connues des
praticiens de Reiki : pour ce faire, je serai amenée à vous faire partager le
fruit actuel de mes recherches sur les différentes pratiques du son au Japon,
ainsi que sur les éléments indiquant un lien ayant existé entre Usui Sensei et
la lignée de Kototama.
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I. Voies croisées
II. La Voie du Son : deux traditions , une origine
A) Deux traditions
1) LE BOUDDHISME ESOTERIQUE (MIKKYO)
- Ecole Shingon
- Ecole Tendai
2) LE SHINTO
B) Une origine
III. Les sons du Reiki
A) Nature et signification des sons enseignés dans le Reiki
1) LES SONS TRANSMIS PAR SUZUKI SAN
a) nature de ces sons
b) signification de ces lignes de sons
2) LES SONS TRANSMIS PAR HYAKUTEN INAMOTO (KOMYO REIKI)
a) nature de ces sons
b) signification de ces lignes de sons
B) Conseils d’utilisation des sons enseignés dans le Reiki
1) L'INTENTION
2) LES DIFFERENTES FACONS DE PRONONCER LE SON
3) LE SILENCE
IV. Les liens entre Reiki et Kototama
1) Kototama et Reiki ont un Kanji commun
2) Selon le principe de Kototama, les Waka sont la clef rythmique de l'harmonie sur terre
3) Le Mont Kuruma est l'un des plus anciens lieux du culte Shintoisite, son Temple portant la marque du symbole du son originel selon le principe de Kototama
4) A la croisée des chemins
V. Glossaire des termes japonais utilisés dans cet article
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J'ai rencontré le Reiki au solstice d'été 1991, à l'occasion d'un stage de
premier degré animé à Nice par
Patrice Gros. Passionnée par le Japon et toutes les voies et pratiques que
ce dernier offrait à l'Occident, je pratiquais à l'époque assidûment le Karaté,
et prenais également des cours de japonais pour mieux pénétrer la pensée de
cette culture.
J'ai été très intéressée par l'approche du Reiki, mais n'ai pas à l’époque été
plus avant dans sa pratique, car je n’avais pas un attrait particulier pour les
techniques de thérapies corporelles ou énergétiques, mais plutôt pour l’aspect
thérapeutique de la parole et de la communication, de part ma formation
d’orthophoniste.
En 1993, j'ai rencontré celle qui allait devenir mon Guide dans la Voie du Son : dès le premier cours, j'ai su que j'avais trouvé ma voie, ce que
je cherchais depuis toujours. J'ai suivi son enseignement (ainsi que celui de
deux autres enseignants de cette tradition) pendant huit années, avant de
recevoir, en octobre 2001, le Shiho (transmission complète de Guide à
disciple, lui conférant la possibilité d'enseigner à son tour). Depuis cette
date, je transmets l'Onsei-Do en France et en Suisse, dans le cadre des
formations que j'anime.
Pratiquant le Kototama depuis plus de dix ans, et poursuivant avec passion mes
recherches sur ses origines et ses modes de transmission à travers les âges, mon
attention a bien évidemment été retenue il y quelques temps par l'apparition,
dans le milieu du Reiki, du terme de "Kotodama"… Curieuse de savoir ce que ce
terme désignait dans le milieu du Reiki, j'ai repris contact avec Patrice Gros
et j'ai donc participé, en juin 2003, à un Oku den Zenki dont le thème était "la
danse des mantras", et dont le contenu était la transmission des lignes de sons
du système Usui Teate, selon la lignée de Suzuki-san (nonne bouddhiste Tendaï
agée de 105 ans, élève directe d'Usui Senseï, dont Chris March dit avoir reçu
les enseignements avant de les transmettre à Patrice). Puis j’ai participé, en
décembre 2003, au nouveau stage Oku den Zenki proposé par Patrice depuis sa
rencontre avec le Komyo-Reiki (en la personne du Révérend Hyakuten Inamoto,
moine bouddhiste de l'Ecole de la Terre Pure, Maître Reiki ayant reçu la
transmission de Mme Chiyoku Yamaguchi, élève du Dr. Hayashi). Dans ce stage,
j'ai reçu l'enseignement ésotérique sur les meisho (les noms originaux),
les shirushi (symboles) et jumon (sons) de cette lignée, et
pratiqué pendant les deux jours de la retraite ces différents sons.
A ce jour, le contenu de ces deux stages constitue en Europe au niveau des sons
l'une des transmissions les plus complètes donnée par un formateur Reiki : en
effet, Patrice Gros est l'un des rares enseignants à avoir reçu une transmission
dans ces deux lignées (celle de Suzuki-San, et celle du Révérend Hyakuten
Inamoto).
Depuis, j'ai également pratiqué les sons utilisés dans le Reiki lors d'une
retraite en mai 2004 avec Don Alexander Riches, et nous avons longuement partagé
ensemble en cette occasion sur l'utilisation des sons dans la pratique du Reiki
en regard de celle du Kototama.
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A) Deux traditions :
Comprendre la nature des sons enseignés aujourd’hui dans le Reiki présuppose une
certaine connaissance du cadre dans lequel les pratiques de sons sont transmises
au Japon, sachant que ce cadre est dessiné par la coexistence depuis 1400 ans,
des deux grandes traditions décrites ci-après.
1) LE BOUDDHISME ESOTERIQUE (MIKKYO) :
Il est divisé principalement en deux branches :
- Ecole Shingon :
Fondée par Kukkai (Kobo Daishi), après qu'il eut reçu en Chine (où il resta cinq
ans) la transmission complète du vénérable Keïka-Ajari (Houei Kuo), lui-même
disciple de Fûkû-Sanzô (Amoghavajra), le plus grand maître du bouddhisme
ésotérique chinois. De retour au Japon, il fonda l'Ecole Shingon-Shu (L'Ecole de
la Parole Vraie Sacrée) en 810, à l'âge de 36 ans. Kukkai disait du Shingon :
"Le Shingon est l'enseignement le plus profond et le plus élevé de toutes les
écoles du Mahayana. Il se consacre à assurer la paix du pays par la prière, a
sauver tous les êtres en chassant les malheurs et en apportant les bonheurs, et
même les bonheurs de ce monde. Son idéal, c'est devenir Bouddha, dans cette vie,
avec ce corps, ce qui signifie vivre dans la vérité".
La pratique du son dans l’Ecole Shingon :
Le nom utilisé pour la pratique du son est "Shingon", qui signifie littéralement
"parole vraie". Le fait que l’école porte ce même nom montre l'importance
accordée à la pratique des sons sacrés dans cette école. D'après le texte
Shoigyo, le Shingon Dharani Shu est l'enseignement très secret de la parole
sacrée du Bouddha en état d'illumination. Les shingons sont la forme japanisée
des mantras et des dharanis sanscrits.
Mantra vient du sanskrit "Man" : le mental et "tra" : remplir ou
protèger. Le mantra est donc un mot qui remplit/protège l'esprit, par sa
répétition. Le terme de bija mantra (mantra germe/semence, littéralement)
désignant un son d'une seule syllabe. Enfin, Dharani est un autre terme sanscrit
désignant un texte d'invocation sacrée ou une formule méditative ou magique
faisant partie d'une pratique rituelle.
« Les shingons sont les prières symbolisant l’illumination intérieure des
Bouddhas, qui dépassent la compréhension des hommes. C’est pourquoi méditer
profondément et répéter sincèrement les shingons aide à dissiper l’ignorance en
nous. Chaque mot d’un shingon contient une multitude de vérités grâce auxquelles
nous pouvons devenir Bouddha dans cette vie avec ce corps ».
- Ecole Tendai :
Fondée par Saïcho (Dengyo Daishi), moine consacré à 12 ans. Intéressé dans sa
jeunesse par le Tientai chinois, il partit en Chine la même année que Kukkai. Il
y resta une année durant laquelle il alla de temple en temple et en particulier
ceux de l'école Tientai. Il bénéficia d'une quadruple transmission : la doctrine
parfaite du Tientai, l'ésotérisme, le Chan et la discipline. De retour au Japon,
il fonda l'Ecole Tendai en 806. Pour Saichô, tous les hommes sont capables de se
transformer en Bouddha, mais cela peut prendre un temps variable en fonction des
individus. L'Ecole Tendai prône donc l'universalité de la nature de Bouddha que
tous les êtres renferment. Ses enseignements sont composés d'une partie
ésotérique mêlée d'une partie non ésotérique reposant principalement sur le
Sûtra du Lotus.
La pratique du son dans l’Ecole Tendai :
Le nom utilisé pour la pratique du son est "Jumon" : trois sens sont proposés
pour ce terme. Le premier est "Ju", répétition, et "Mon", texte ou phrase :
jumon désigne ainsi une texte ou une phrase que l’on répète. Le second sens de
jumon est "parole prononcée de la bouche du frère ainé". Le dernier sens est
donné par "Ju", dix, et "Mon", question : le terme fait alors spécifiquement
référence aux dix questions posées au Bouddha par Vajrapani dans le
Mahavairocana Sutra. Dans son sens le plus couramment rencontré, ce terme
désigne un mot ou une phrase utilisée dans la méditation, ou une incantation
utilisée dans un rituel.
L’élément central commun aux deux lignées du Bouddhisme Mikkyo, Shingon et
Tendai, est la notion de Sanmitsu (connue sous le nom de Tri-Guhya, en
sanscrit), qui signifie littéralement les « trois secrets ».
Le Sanmitsu représente la trinité des pratiques permettant de retrouver dans
l’expérience de la multiplicité du monde manifesté, la conscience unifiée de
notre nature originelle, cet état étant nommé l’Eveil, dans le Bouddhisme. Voici
les mots de Kukkaï, au sujet du Sanmitsu :
« Médite sur les sons (shô), les mots (ji) et les réalités (jissô)... Pour ce
qui est de méditer sur le son cela veut dire réciter les “syllabes”, pour ce qui
est du mot c’est visualiser leurs formes et pour ce qui est de la réalité, c’est
méditer sur leurs sens. Lorsque nous faisons les mudras (shu-in), nous exécutons
les gestes symboliques du Bouddha. En répétant les mantras (shingon), nous
prononçons les paroles symboliques du Bouddha. En pratiquant le samadhi (kannen,
méditation-concentration), nous unissons notre esprit à celui du Bouddha. »
Les trois secrets sont nommés, au Japon :
1 - Kannen : Méditation sur l'un des attributs du Bouddha ou du
bouddhisme. Ceci est appelé " Le secret mental " (I-mitsu).
2 - Shingon ou Jumon : L'exacte récitation des formules mantriques,
adaptées à la prononciation japonaise. Ceci est appelé " Le secret de son propre
langage " (Ku-mitsu).
3 - Shû-In : La juste exécution des sceaux (In en japonais, Mudra en
sanskrit). Ceci est appelé " Le secret de l'action du corps " (Shin-mitsu).
2) LE SHINTO :
Religion « naturelle » du Japon, ses racines semblent remonter à la nuit des
temps. Trois grandes valeurs priment dans l'esprit du Shintô : le culte de la
nature ; la pureté rituelle et la communion de l'homme avec les Kami
(divinités). Le nom originel du Shinto est d'ailleurs Kami nagara no michi,
"la Voie des Kami".
"Le caractère sacré de la nature et de la vie constitue le fondement du
Shintoïsme" (Thomas Immoos). Le Shintoïsme considère que l'univers est formé
par le jeu d'énergies indestructibles apparaissant en un changement constant
dans les phénomènes naturels, ceux ci étant des divinités (Kami) qu'il convient
de vénérer pour obtenir leurs faveurs.
Indépendamment de son polythéisme et de son animisme, le Shintoïsme ne possède
pas les caractéristiques des grands monothéismes tel qu'un créateur unique, un
fondateur historique, une sainte écriture révélée, une dogmatique, un système
éthique codifié. Mais les mythes d'origine du Japon ont été compilés en 712 dans
un ouvrage appelé le Kojiki (« livre des choses anciennes ») considéré comme la
"bible" du Shintô. Le Kojiki est le premier texte écrit en japonais. Il contient
les traditions et les mythes les plus anciens de l'archipel. Bien que le Shinto
ait progressivement été supplanté au Japon par le bouddhisme, l'âme nippone
reste totalement imprégnée de ses valeurs, les rituels Shinto ponctuant le
quotidien de la vie de nombreux japonais : la plupart des japonais reconnaissent
volontiers être à la fois shintoïstes et bouddhistes et n'y voient rien de
contradictoire. On dit d’ailleurs au Japon que « on naît shintoïste et que l’on
meurt bouddhiste »…
Le Shintoisme a toujours été la religion de la famille impériale : ainsi, la
dénomination de Tenno ("Fils du Ciel") désignant l'empereur fait
référence au fait qu'il est le descendant direct de Amaterasu no Kami, la Déesse
Solaire vénérée dans le Shinto. L'empereur Meiji (duquel Usui Sensei a reçu les
préceptes du Reiki) a d’ailleurs décrété le Shinto religion d'état pendant le
temps de son règne.
Ainsi, malgré les influences étrangères (Taoïsme, Confucianisme ou, Bouddhisme),
la foi envers les Kami est toujours restée intacte pour l'essentiel. Tout
indique qu'elle continue à jouer le premier rôle dans la vie spirituelle d'une
majorité de japonais, quelles que soient les idées religieuses ou philosophiques
qu'ils embrassent par ailleurs.
La pratique du son dans le Shinto :
Le nom utilisé pour la pratique du son est "Kototama" : de koto,
kotoba, le mot et tama, la force de vie qui emplit toute chose (je
reviendrai plus loin sur le sens profond de Tama, sachant que le kanji
servant à l’écrire est le même que celui servant à écrire le Rei de Reiki).
Ainsi, Kototama signifie littéralement "mot-âme", ou « esprit du mot ». Ce terme
désigne tout particulièrement la pratique des sons conservée par le Ko-Shinto
(ce qui signifie 'Ancien Shinto", anciennement nommé Kan Nagara no michi, ce qui
signifie "La Voie des Dieux") et transmise de Guide à disciple depuis la nuit
des temps.
Le terme de "Kotodama" est en fait le même mot, avec la même signification :
c’est d’ailleurs le terme usité en japonais. La différence réside dans le fait
que celui qui utilise cette prononciation pour désigner cette pratique du son
prouve qu’il en ignore les principes les plus fondamentaux, le son « D » ne
faisant pas partie des huit rythmes-pères du Kototama. En effet, « Kotodama » se
dit, traduit en sons purs, « Kototama » , ce que sait tout pratiquant (même
débutant) de cette voie.
Le terme de Kototama est uniquement utilisé par ses pratiquants ou ses
transmetteurs, ce qui explique que j’ai eu l’occasion il y a quelques temps
d'être contactée par mail par une enseignante japonaise de Kototama, qui, bien
que ne comprenant pas un mot de français, avait immédiatement compris que mon
site parlait bien de Kototama-Do, le terme de kototama figurant dans la liste
des mots-clefs des en-têtes de page de mon site (liste à laquelle accèdent les
moteurs de recherche).
Le temple le plus sacré du Shintô est le Ise-Jingû (situé dans la province de
Mie) qui renferme le miroir impérial. La famille impériale rend visite au Grand
Temple d'Ise depuis des siècles. Son temple intérieur et extérieur possède une
histoire officielle deux fois millénaire. Par tradition, aucune décision d'une
grande importance pour le Japon n'est prise sans qu'une prière soit adressée aux
Kami dans ce temple.
"Toyoke no Oh Mi Kami" est le dieu de la terre est vénéré dans le temple
extérieur d'Ise, "Amaterasu Oh Mi Kami", la déesse du Soleil étant vénérée dans
le temple intérieur.
Les constructions du Temple d'Ise, faites de cyprès japonais non peint et coupés
dans les forêts impériales de la montagne de Kiso, sont très simples. Tous les
vingt ans, lors d'une cérémonie appelée "sengu-shiki", ces constructions sont
démantelées et reconstruites sur des fondations proches.
Le sol de ces temples décrit l'ensemble du Principe de Kototama. La rivière qui
coule sous le temple est appelée Iu suzu Gawa "la Rivière des cinquante
cloches", nom qui symbolise les vibrations de la création universelle. Le Shinto
considère en effet les cinquante sons purs du Kototama, desquels sont dérivés
tous les mots, comme des déités individuelles. Chaque syllabe est une déité, au
service d'une fonction particulière de l'évolution créatrice de l'Univers.
B) Une origine :
Le fait que Kototama soit la pratique du son utilisée par le Shinto représente
l’aspect exotérique de cet enseignement. Sa dimension ésotérique nous apprend
que Kototama n’est pas une pratique reliée à une religion (le Shinto), à un pays
(le Japon), ou à une langue (le japonais) : kototama désigne en fait le principe
originel du son, les sons originels dont sont issus tous les mantras, dharanis,
shingon, jumon, etc… Les sons, et non une école de pensée : Kototama est
simplement le nom donné au principe originel définissant les sons qui existaient
avant que les langues apparaissent. Ce principe n’est pas japonais : c’est
seulement sa clef qui a été gardée au Japon, mais une partie de ces sons purs a
été conservée par les Hébreux, et une autre par les Celtes (voir mon précédent
article pour plus de détails sur ce sujet)…
Le terme de kototama désigne soit un phonème vocalique (parmi 5 phonèmes
vocaliques nommés sons-mères), soit une syllabe composée d’un phonème vocalique
et d’une consonne (parmi 8 phonèmes consonantiques nommés rythmes-pères), soit
encore une ligne de sons composée de plusieurs syllabes mariant rythmes-pères et
sons-mères.
La tradition de Kototama enseigne que seuls certains phonèmes vocaliques et
consonantiques étaient originellement porteurs de puissance par leur résonance
directe avec l’archétype dont ils sont le vaisseau sonore de conscientisation et
de matérialisation. Lorsque des lignes de sons sont composés uniquement de
phonèmes pris parmi ces 5 phonèmes vocaliques et ces 8 phonèmes consonantiques,
on parle alors d’une « ligne de sons purs » ou de « langue source ». Cependant,
si Kototama utilise les sons-purs, toute ligne de sons purs n’est pas forcément
Kototama… En effet, les sons purs sont simplement les constituants, les « atomes
» sonores (composés de « protons» vocaliques et « d’électrons » consonantiques)
des « molécules » des lignes de sons de Kototama. Ces molécules sonores sont les
constituants sonores des molécules de la matière, vaisseaux sonores permettant à
l’énergie-pensée de pouvoir se densifier suffisamment pour s’incarner dans le
monde manifesté. Ainsi, tout ce qui est manifesté dans la matière possède un
kototama ayant servi à le manifester. Ce sont ces « molécules » sonores qui ont
été précieusement gardées et sont transmises depuis la nuit des temps par ceux
que l’on nomme « Gardiens du Son » dans la Tradition de Kototama.
Ainsi, Kototama désigne à la fois l’une des pratiques de son des deux
traditions, et le principe originel dont elles sont toutes deux issues…
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(partie
de l'article modifiée le 8 février 2005)
A) nature et signification des sons enseignés dans le Reiki :
Ayant posé le cadre des pratiques du son existant au Japon au sein des deux
grandes traditions que sont le Shinto et le Bouddhisme Mikkyo, je peux à présent
vous exposer mon point de vue sur la nature et la signification des sons qui
m’ont été transmis lors des séminaires Reiki auxquels j’ai participé. Bien
évidemment, ayant à cœur de respecter la promesse du secret quant à leur
transmission, il n’est pas question que j’énonce ici les lignes de sons
elles-mêmes. J’y ferai donc simplement référence en désignant leur lignée, et
les symboles auxquels elles se rattachent.
Je dois par ailleurs préciser que le contenu des paragraphes
consacrés à la signification des lignes de sons ne doit pas être pris au pied de
la lettre : la signification des lignes de sons ne peut être transmise que dans
l'énergie de l'instant, "I shin den shin", et n'est pas destinée au
mental...
1) Les sons transmis par Suzuki San :
a) nature de ces sons :
Ces lignes de sons ne sont ni des Jumon, ni des Shingon. En
effet,dans l'une ou l’autre lignée, on trouve
le plus souvent :
- soit (de façon majoritaire) des mantras adaptés phonétiquement à la
prononciation japonaise (ex : «gyatei, gyatei, boji sowaka», fin du Sûtra du
Cœur adapté du sanskrit au japonais) ;
- soit des lignes de sons sans signification apparente, mais dont l’énergie est
considérée comme bénéfique pour la réalisation du sanmitsu.
Ces lignes de sons sont en fait une traduction
presque parfaite en sons purs (syllabes
composées uniquement des rythmes-pères et des sons-mères de Kototama) des noms
usuels des symboles CKR, SHK et HSZSN. Traduire des sons du langage hiluko
(le langage conventionnel) en sons purs est un art difficile, et les
traductions peuvent être multiples selon l’énergie transmise par les mots.
Et, parce que ces lignes de sons comportent des syllabes qui ne
sont pas des "sons purs" (les 50 "mots-âmes" du principe de Kototama), ces lignes de sons ne sont pas des kototama
: cependant, de par leur résonance propre, ces lignes de sons permettent une amplification de la transmission de l'Energie
Universelle. Et chacun des participants du premier stage "Reiki et kototama" a
pu en apprécier la force...
b) signification de ces lignes de sons :
L’une des particularités de Kototama est qu’il offre la possibilité, à
partir des sons sources (ou en traduisant en sons sources un mot qui ne le
serait pas) de décoder le sens de tout mot (quelle que soit la langue originelle
à laquelle il appartient), ou de toute ligne de sons (même si elle n’a
apparemment aucun sens).
Voici donc la signification de ces trois lignes de sons, selon l’antique
enseignement de Kototama. Certaines phrases contiennent des termes dont je ne
peux donner ici l’intégralité de la signification, celle-ci ne pouvant être
révélée que lors de la transmission orale de l’enseignement de Kototama. J’ai
cependant confiance que les phrases ci-dessous sauront déjà, telles quelles,
trouver leur chemin vers le cœur de votre conscience, et enrichir votre
pratique…
- ligne des sons du premier symbole : « Appeler l’énergie originelle pour que
s’incarne la force du centre afin que, par la direction donnée, le feu/lumière
du Vivant apparaisse »
- ligne des sons du deuxième symbole : « Trancher et brûler, trancher et
brûler tout ce qui empêche le feu/lumière/énergie de se manifester »
- ligne des sons du troisième symbole : « Passer de la négative individuelle
à l’affirmative universelle en allant chercher la conscience originelle, pour
affirmer sa capacité à passer de la négative universelle à l’affirmative
individuelle »
2) Les sons transmis par Hyakuten Inamoto :
La transmission donnée dans sa lignée
comporte un enseignement très riche sur la nature des meisho (les
noms originaux) et des shirushi (symboles), qui apporte beaucoup de sens à la
pratique de ces sons.
a) nature de ces sons :
Ces lignes de sons semblent être des jumon, chacun d’entre
eux apportant un sens au symbole auquel ils sont reliés, pour les deux premiers
symboles, le nom du troisième symbole étant simplement chanté tel quel, en tant
que jumon (ce qui est courant, dans la tradition Tendai).
Le fait que le révérend Hyakuten Inamoto appartienne à l’Ecole de la Terre Pure
(fondée par Hônen, un ancien moine Tendai) est sans doute pour beaucoup dans la
qualité et la puissance de sa transmission au niveau des sons.
b) signification de ces lignes de sons :
- ligne des sons du premier symbole : « Concentrer l’énergie Une du Vivant, et
l’affirmer »
- ligne des sons du deuxième symbole : « Dynamiser l’énergie, afin qu’elle
puisse se manifester en tranchant tout ce qui n’est pas l’affirmation de la
nature Une du Vivant»
- ligne des sons du troisième symbole : « L’affirmation universelle depuis le
Point Unique équivaut à la concentration de la négation individuelle renforçant
la négation universelle »
B) conseils d’utilisation des sons enseignés dans le Reiki :
Les techniques utilisant le son requièrent bien évidemment une transmission
orale directe, garantissant au pratiquant une intégration correcte de leur
prononciation et de l’énergie dans laquelle ils pratiquent. Sachant que la
lignée de Kototama à laquelle j’appartiens insiste sur la transmission « I
shin den shin » (« de mon âme à ton âme »), il ne m’est pas possible de vous
dévoiler ici davantage d’informations sur les modalités pratiques de
l’utilisation des sons. Cependant, vous trouverez ci-dessous quelques éléments
pouvant alimenter votre pratique actuelle.
- L’intention :
Comme le dit l’adage populaire : « c’est l’intention qui compte »… Ceci est tout
particulièrement valable dans l’utilisation de sons qui ne sont pas des kototama.
Aussi, je vous invite, lors du temps de Gassho, à tourner votre attention vers
la présence à vous-même, dans l’ici-maintenant. Visualisez ensuite le symbole
que vous souhaitez utiliser, puis, en portant votre attention sur le point de
jonction de vos majeurs, commencez à prononcer intérieurement le son (ou la
ligne de sons) du symbole correspondant : ceci permet de « charger » en
conscience le vaisseau du son. Puis, lorsque vous le sentez, prononcez le son,
qui est alors chargé à la fois de l’énergie du shirushi, et du In : le vaisseau
du son devient alors pleinement agissant, entre esprit et matière. A partir de
cet instant, vous pouvez relâcher totalement votre attention (quitter la
visualisation du symbole, et le ressenti physique) pour vous laisser emplir et
porter par les sons que vous prononcez, en étant dans la confiance que Reiki
s’exprime à partir de ce moment là de façon optimale par le vaisseau sonore que
vous êtes devenu, « pont vibratoire » en conscience entre ciel et terre…
- Les différentes façons de prononcer le son :
Pour les mêmes raisons que citées précédemment, je ne peux citer ici que
quelques unes des techniques utilisables dans le son, sachant que leur
réalisation optimale requiert l’accompagnement d’un enseignant qualifié en ce
domaine.
Quelle que soit la technique choisie, votre colonne vertébrale doit être bien
droite, la respiration ventrale, la mâchoire détendue.
Les techniques sont présentées ici dans une progression allant de la plus simple
à réaliser à la plus difficile (tant au niveau de la réalisation que du niveau
de conscience/maîtrise de l’énergie qu’elles requièrent du pratiquant)
- Yama biko Ho : « technique de l’écho de la montagne »
Mot-clef de cette pratique : FORCE
Pratique : chaque syllabe est énoncée à haute et intelligible voix, le souffle
étant repris à la fin de chaque ligne de sons.
- Kotodama no fukushu Ho : « technique de répétition du son »
Mot-clef de cette pratique : AMOUR
Pratique : les syllabes sont soufflées sans être vocalisées, aussi bien sur
l’expiration que sur l’inspiration (cette pratique utilise la technique du
souffle continu).
- Ryu-o no kokyu Ho : « technique du souffle du dragon »
Mot-clef de cette pratique : SAGESSE
Pratique : les syllabes sont prononcées dans le souffle, sur l’expiration, le
souffle étant repris à la fin de chaque ligne de sons.
- Le silence :
Kototama-Do enseigne que « le son naît du silence, se nourrit du silence,
retourne au silence » : c’est pourquoi, dans toute pratique du son, le temps
consacré au silence doit être égal au temps de pratique du son. Ainsi, si vous
pratiquez les sons pendant cinq minutes, vous êtes invités à rester à l’écoute
du Vivant dans l’ici-maintenant, pendant cinq autres minutes.
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Comme chacun le sait, la vie d’Usui Sensei est difficile à retracer : à ce jour,
au moins deux versions de sa biographie se sont succédées, avec des changements
aussi notoires que le passage de son état d’enseignant en théologie à celui de
moine Tendai (converti ou non au Shingon à l’âge de 27 ans, selon les versions)…
Or, si l’on peut comprendre ce type d’imprécisions pour des guides ou
enseignants d’un passé très lointain, dans lequel le temps a mêlé légende et
faits réels, cela est plus étonnant pour un transmetteur ayant vécu assez
récemment, et dont le rayonnement a été si grand. Pour ma part, poursuivant
depuis plus de dix ans mes recherches sur la vie des Gardiens du Son dans la
lignée de Kototama, j’ai appris que les seules informations que l’on ne parvient
pas à retrouver sont celles que leur propriétaire ne souhaitait pas divulguer…
Et il semble qu’Usui Sensei ait largement respecté à ce sujet la règle du
sanmitsu : ne peut trouver et comprendre le secret que celui qui pratique…
et cela est tout particulièrement valable pour comprendre sa vie et les
influences qui ont nourri ses retrouvailles du principe de Reiki.
C’est pourquoi nulle biographie « officielle » exhaustive n’existe à ce jour à
son sujet, et que le pratiquant engagé dans la Voie de Reiki devra au fil de sa
pratique et du temps, se forger sa propre conviction intime sur la question.
Pour ma part, les dix années passées dans les voies croisées de Kototama et de
Reiki m’ont amené à une conviction intime sur ce sujet, étayée par de nombreux
éléments que je vais vous exposer ci après. Qu’il soit clair que ce qui suit est
« ma » vision de cela, et que je ne prétends aucunement détenir la vérité sur
Usui Sensei : j’espère simplement que chacun de vous puisera dans ce qui suit
les éléments qui, mariés à votre cheminement personnel, pourront apporter un
éclairage nouveau au regard que vous portez sur ce sujet et vous permettront de
trouver « votre » vérité, celle qui vous parle au cœur, renforce votre corps et
réjouit votre âme...
Ma conviction intime est donc que, si Usui Sensei fut adepte du Bouddhisme
Mikkyo, son cheminement personnel fut largement nourri par la tradition du
Shinto, dont le cœur est Kototama : la redécouverte du principe de Reiki fut
donc alimentée par ces deux lignées.
Il semble que Franck Arjava Petter partage cette opinion, qu’il l’exprime en ces
termes dans son livre « Feu de Reiki » :
« Le Reiki est une forme Bouddhiste du Qi Gong, influencée par le Shintoïsme »
(page 23) et « Nos recherches nous ont amené à supposer que le terme Reiki
provient d’un ancien mantra shintoïste servant à protéger celui qui le
psalmodie. Ceci renvoie au fait que le mot Reiki est un symbole de protection en
tant que tel ! Pendant des siècles, ce mantra a été transmis oralement
d’enseignants Shinto à élèves, et nous n’y étions initiés qu’après avoir promis
de ne pas le dévoiler. » (page 124)
Rappelons qu’un «mantra » shintoiste est un kototama, et que la transmission
orale des sons dans le Shinto sons est le domaine des Gardiens du Sons de la
lignée de Kototama-Do…
Etant d’une lignée bouddhiste, il était évident qu’Usui Sensei veuille
transmettre une voie permettant à ses pratiquants d’expérimenter le sanmitsu :
c’est pourquoi, longtemps avant que les lignes de sons ne soient redonnées aux
pratiquants occidentaux, la lignée des transmetteurs de Kototama avaient
connaissance de l’existence de ces lignes de sons sans lesquelles un « maillon »
manquait à Reiki… En effet, jusque là, l’enseignement de Reiki possédait l’I-mitsu
(avec la transmission des symboles visuels) et le Shin-Mitsu (avec la
transmission des positions de mains, et la pratique de Gassho), mais il lui
manquait le Ku-Mitsu, le secret du Son, reliant esprit et matière…
Or, si Usui Sensei a reçu, lors de son expérience sur le mont Kurama, une
transmission directe du I-Mitsu, qu’il a ensuite incarné pour l’intégration du
Shin-Mitsu par la création de ce qu’il nomma Usui Teate, il n’a pas reçu de
transmission directe au niveau du son. Sachant que la clef du son était contenue
dans le principe de Kototama, et qu’il n’avait pas reçu de transmission directe
dans cette lignée, il a alors donné à ses proches disciples des lignes de sons
qui n’étaient pas des kototama, mais en prenant soin de placer au centre de la
pratique de Reiki les éléments qui permettraient à ses pratiquants de rester en
connexion avec la source du Son et avec la lignée des Gardiens du Son pouvant
leur restituer la totalité de la clef du son.
Je suis très admirative de la façon dont Usui Sensei a procédé pour ce faire,
car il savait indubitablement que le moyen le plus simple d’occulter un principe
est de le placer bien en évidence, en ayant confiance que seuls ceux qui ont le
degré de conscience adéquat le verront…
Ainsi :
1) Kototama et Reiki ont un Kanji (idéogramme) commun :

Tama et Rei sont synonymes en japonais. Tama
signifie « la force de vie présente en toute chose », « âme /esprit» et, dans sa
forme imagée « gemme, joyau précieux ». Le Shinto enseigne que chaque Kami (l’un
des aspects du Divin) est empli de Tama, l’ensemble des rituels de cette
tradition ayant pour objet d’appeler le Tama des Kamis. Le Shinto enseigne
également que chaque être humain est empli de Tama : après sa mort, le Tama
quitte le corps et devient Rei, un esprit. Les enseignements ésotériques de
Kototama disent que Tama désigne l’aspect incarné de l’énergie du Vivant, Rei en
désignant l’aspect céleste, subtil, invisible (raison pour laquelle, dans
l’enseignement exotérique, le premier terme est relié à la vie, et le second à
la mort). Tama et Rei représentent donc les deux facettes de l’énergie
universelle du Vivant, présente en toute chose : Koto-Tama est le principe
permettant à cette énergie de s’incarner par le Son, Rei-Ki étant le principe
permettant de relier notre propre énergie à l’abondance de cette énergie
universelle… Je tiens à apporter une précision sur ce que dit Franck Arjava
Petter sur le fait que Reiki soit un kototama de protection : pour agir au
niveau du son en tant que protection, on doit prononcer « TA MA KI », et non
Reiki (mais s’écrit exactement pareil), Tama-Ki signifiant en sons purs : «
faire apparaître (et se relier à) la grande Lumière afin que se manifeste le Feu
de Vie ». Or, comme chacun le sait, l’obscurité n’est que l’absence de lumière,
et la plus grande protection contre l’obscurité (sur le plan de la conscience,
de l’énergie, du corps) est de faire apparaître la grande lumière. Comme vous le
constatez, cet aspect est en lien étroit avec la symbolique du quatrième symbole
du Reiki…
2) Selon le principe de Kototama, les Waka sont la clef rythmique de
l’harmonie sur terre :
« En complément aux cinq Principes de Vie, les principaux thèmes du chemin
Reiki comprennent la méditation, la signification ésotérique des symboles Reiki,
et les Waka que Mikao Usui enseignait à ses élèves. Il s'agit de poèmes
spirituels didactiques écrits par l'Empereur Meiji, auxquels Mikao Usui
attachait une grande importance... » ("La Quintessence du Reiki", page 225 -
Walter Lübeck)
"Les 125 poèmes de l'Empereur Meiji, appelés gyosei,
sont écrits dans la forme dite waka. Le waka consiste en cinq syllabes pour la
première ligne, sept syllabes pour la deuxième ligne, cinq syllabes pour la
troisième ligne, sept syllabes pour la quatrième, et sept syllabes pour la
cinquième ligne. Le Dr Usui les utilisait dans ses rencontres Reiki pour aider
ses étudiants à se concentrer sur l'essentiel.
Les poèmes ont été écrits par l'Empereur Meiji (qui règna au Japon de 1868 à
1912) en vieux japonais. Ma belle-mère, Masano Kobayashi, les a traduits en
japonais moderne, puis ma femme et moi les avons traduits en anglais. Mes
commentaires sont entre parenthèses. Parfois, j'ai changé l'ordre des lignes
afin de les rendre plus compréhensibles en anglais (et/ou en français)"
("La Quintessence du Reiki" - p 263 - Franck Arjava Petter et Chetna Cobayashi)
Si Usui Sensei attachait autant d’importance aux Waka de l’Empereur Meiji, c’est
parce qu’il savait que ces derniers étaient, à l’instar des cinq préceptes, une
expression directe de Kototama.
En effet, la structure du Waka (5/7/5/7/7) est au cœur de sa pratique, le
premier Waka (qui s’intitulait Awa no Uta) ayant été créé par Isanagi no Kami et
Isanami no Kami (couple divin originel, créateur du monde manifesté dans la
cosmogonie du Shinto) afin de redonner aux humains le rythme du langage source.
« En chantant Awa no Uta, la voix devient plus claire, et la parole est
enrichie, l’ordre revient sur terre, et la paix règne à nouveau » (Hotsuma-Tsutae,
Livre de la Terre, chapitre 5 ).
Le Waka est composé de 31 syllabes, nombre relié dans le Shinto au rythme des
saisons (chaque saison était divisé en trois parties, comportant 31 jours). Pour
remercier les bénédictions de la terre, les offrandes étaient faites aux Kamis
dans les sanctuaires tous les 31 jours. Le Waka est donc, dans le principe de
Kototama, la forme permettant de faire revenir l’harmonie sur terre (la terre
pouvant être représentée par le monde manifesté, la matière ou le corps).
Ainsi, n’ayant pas reçu de transmission dans la lignée de Kototama, mais ayant à
cœur de mettre ses élèves en présence des bienfaits de ce principe, Usui Sensei
lisait les waka de Meiji Tenno à ses élèves, afin que, par leurs sons et leur
rythme, ceux-ci puissent se « concentrer sur l’essentiel » selon les termes de
Franck Arjava Petter.
Un autre point méritant un éclaircissement, au sujet des waka de l’Empereur
Meiji, est celui de leur traduction. Franck Arjava Petter précise que Meiji
Tenno « écrivait en vieux japonais ». L’Empereur utilisait en effet le japonais
ancien, dont les sons comportaient davantage de sons purs que le japonais
moderne. L’enseignement de Kototama nous apprend que ses waka ont été composés
davantage pour les sons qu’ils contenaient que pour leur sens : la forme (sons
utilisés) des waka de l’Empereur Meiji était donc plus importante que le fond
(signification des poèmes). Ainsi, dès que l’on traduit (même du japonais ancien
au japonais moderne) les mots qu’il avait choisis avec soin selon le principe de
Kototama, on perd tout ou partie de l’énergie dont ils étaient porteurs. De
plus, ses poèmes étant très souvent reliés au même principe, leur sens profond
est souvent resté caché au non initié. L’un des exemples les plus frappants en
est le 19eme waka, dont le titre est, selon la traduction de Franck Arjava
Petter « Une pierre précieuse » (« La quintessence du Reiki, page 265), et dont
le texte a été traduit comme suit :
La plus belle pierre précieuse
Sans la moindre imperfection
Peut perdre sa brillance
Assombrie par un nuage de poussière
Si tu ne prends pas soin d'elle
Franck Arjava Petter indique en commentaire, pour ce waka : « il parle sans
doute de sa position d'empereur ». Or, le nom en japonais du titre de ce
waka est Tama : or, comme nous l’avons vu précédemment, Tama
signifie « la force de vie présente en toute chose », « âme /esprit»
et, dans sa forme imagée «gemme, joyau précieux». Ainsi, lorsque Meiji
Tenno, Gardien du Son dans la lignée de Kototama, utilise ce terme, il nous
parle de Tama, le joyau, l'âme du Vivant, ce waka évoquant la nécessité
de polir sans cesse Tama par Kototama, le mot-âme, afin d'éviter que la
"poussière" de la non-conscience ne l'assombrisse…
3) Le Mont Kurama est l’un des plus anciens lieux du culte Shintoiste, son
Temple portant la marque du symbole du son originel du principe de Kototama
Si le sanctuaire le plus vénéré du Shinto est le Temple d’Ise, Kuramayama,
le Mont Kurama, est également connu dans la tradition de Kototama comme l’un des
hauts lieux du culte Shinto :
« … plusieurs empereurs japonais sont souvent venus prier ici, et ils ont
ordonné aux gardiens du temple de préserver la montagne et ses forêts dans leur
état naturel. » (« Feu de Reiki », page 133).
Or les empereurs sont la plus haute instance de la religion Shintoiste, invoquant uniquement
les Kami, dans des Temples Shintoïstes. Ainsi, s’ils sont venus prier sur le
mont Kurama, c’est parce que ce dernier est un mont traditionnellement consacré
aux Kamis. De plus, le Temple majeur de Kuramayama comporte, dans la cour
principale une gigantesque mosaïque représentant le symbole utilisé dans
Kototama pour représenter le son germe, à l’origine de toute chose…
Le Shintoisme a toujours été présent sur le mont Kurama, comme l’atteste la
présence d’autres temples de cette tradition : « il existe encore quelques
petits et beaux sanctuaires Shinto sur le mont Kurama et alentours. On doit
particulièrement mentionner le Kubune Jinja (sanctuaire) qui se trouve en bas du
mont Kurama, en direction de Kyoto. Au japon, le shintoïsme et le bouddhisme
sont inextricablement liés, aussi, il n'est pas toujours facile pour les
non-spécialistes de déterminer s'il s'agit d'un temple bouddhiste ou d'un
sanctuaire Shinto. » ("Le Manuel original de Reiki du Dr Mikao Usui", page 15 -
Franck Arja Petter)
Enfin, je souligne que, avant d’être celle du Sonten, la trinité de Kuramayama
était celle du Shinto, trinité reliée aux trois grands principes du Kototama :
• Susano wo no Mikoto no Kami, relié à la terre, représentant le principe de la
Force (Mao Son dans le sonten de Kuramayama)
• Tsuki Yomi no Kami, relié à la lune, représentant le principe
de l’Amour (Senju Kanon dans le sonten de
Kuramayama))
• Amaterasu no Kami, reliée au soleil, représentant le principe de la
Sagesse (Bishamon Ten dans le sonten de
Kuramayama))
Ainsi, le mont Kurama sur lequel Usui Sensei a retrouvé le principe de Reiki
était profondément en lien avec le principe de Kototama à travers la triple
présence des Kamis tutélaires du lieu…
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A la lumière de ce tout ce qui précède, j’ai la conviction profonde que si les
voies de Reiki et de Kototama se sont croisées dans ma vie, elles l’ont
également été dans la vie d’Usui Sensei, et sont appelées à l’être pour de
nombreux pratiquants de Reiki.
En effet, le « dévoilement » des pratiques originelles de Reiki s’est fait
graduellement en Occident, comme si les pratiques étaient révélées seulement
après que les pratiquants aient fait un certain cheminement dans la pratique de
Reiki. Ainsi, nous avons reçu progressivement une première série de positions de
mains, avec la version « chrétienne » de la vie d’Usui Sensei. Puis, une fois
que ces éléments furent intégrés, nous avons reçu les techniques « japonaises »,
et la version « bouddhiste » de la vie d’Usui Sensei. Enfin, plus récemment, des
lignes de sons ont été transmises aux pratiquants. Selon moi, ce processus est
en totale cohérence avec le passage d’un Reiki « méthode de guérison » à
Reiki-Do, la Voie de Reiki, vécue et tranmise par Usui Sensei, le principe de
Kototama étant à présent proposé aux pratiquants de Reiki comme un pas de plus
dans ce chemin des retrouvailles avec Rei/Tama, par le Son, afin de réaliser la
tri-Unité dans l’expression du Ki…
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|
Amaterasu no Kami |
La Déesse Solaire dans le Shinto |
|
Dharani |
texte d'invocation sacrée ou formule méditative ou magique faisant partie d'une pratique rituelle |
|
Gassho |
Action de joindre les mains verticalement devant soi, paume contre paume. Gassho est un In (sceau, mudra) d'union du corps et de l'esprit |
|
Gyosei |
Poème |
|
Hiluko |
Langage conventionnel, dans lequel le signifiant n'est pas l'expression, par l'utilisation du principe de Kototama, du signifié |
|
Ho |
Technique |
|
Hyakuten Inamoto |
Moine bouddhiste de l'Ecole de la Terre Pure, Maître Reiki ayant reçu la transmission de Mme Chiyoku Yamaguchi, élève du Dr. Hayashi. Transmetteur du Komyo Reiki |
|
I-Mitsu |
L'un des trois aspects du San-Mitsu : le secret du "mental" |
|
In |
Sceau (Mudraen Inde) |
|
Ise Jingu |
Temple le plus sacré du Shinto. Contenant le miroir impérial, il est situé dans la province de Mie. |
|
Jinja |
Sanctuaire |
|
Jumon |
Mot ou une phrase utilisée dans la méditation, ou une incantation utilisée dans un rituel. Terme principalement utilisé par le Bouddhisme Tendai. |
|
Kami |
Divinité, dans le Shinto. Nom composé de "Ka", le feu, et "Mi", l'eau. |
|
Kanji |
Idéogramme chinois utilisé pour écrire le japonais |
|
Kannen |
Méditation sur l'un des attributs du Bouddha ou du bouddhisme |
|
Kojiki |
"Le Récit des choses anciennes". Edité pour la première en 712, il contient les contes et récits recueilli dans tout le Japon par Hieda no Arei à la demande de l'Impératrice Gemmei. Il est le livre le plus sacré du Shinto. |
|
Kokyu |
"Ko" : expirer / "Kyu" : inspirer / "Kokyu" : respirer |
|
Ko-Shinto |
Ancien Shinto |
|
Kukkai |
Fondateur de l'Ecole Shingon Shu, l'une des branches les plus importantes du bouddhisme Mikkyo. |
|
Kukushu |
Répétition |
|
Ku-Mitsu |
L'un des trois aspects du San-Mitsu : le secret du "Langage" |
|
Kurama Yama |
Montagne (Yama) de la selle de cheval (Kuruma) : la montagne sacrée où Usui Sensei a reçu Reiki |
|
Mantra |
du sanskrit "Man" : le mental et "tra" : remplir ou protéger. Le mantra est un mot qui remplit/protège l'esprit, par sa répétition. |
|
Meiji Tenno |
"Gouvernement éclairé" : nom adopté par l'Empereur Mutsuhito. "Tenno" signifiant littéralement "le fils du Ciel". |
|
Meisho |
nom originel/spécifique des symboles du Reiki |
|
Mikkyo |
Bouddhisme ésotérique japonais |
|
Ryu-O |
Roi Dragon |
|
Saicho |
Fondateur de l'Ecole Tendai, l'une des branches les plus importantes du bouddhisme Mikkyo. |
|
Sanmitsu |
Les "trois secrets" |
|
Sengu Shiki |
Cérémonie de démantelement d'un temple au Japon, ayant lieu tous les vingt ans |
|
Shiho |
Attestation de succession remise par le maître (Sensei) à un disciple désormais capable d’enseigner et qui peut donc devenir à son tour Sensei |
|
Shingon-Shu |
Ecole de la "Parole Vraie" fondée par Kobo Daishi. L'une des branches les plus importantes du bouddhisme Mikkyo. |
|
Shin-Mitsu |
L'un des trois aspects du San-Mitsu : le secret de "l'action du corps" |
|
Shinto |
"La Voie des Kami (Dieux)" : religion originelle du Japon |
|
Shirushi |
symboles originels du Reiki |
|
Sonten |
Trinité du Mont Kuruma, composée par Mao Son, Senju Kannon et Bishamon Ten |
|
Susano wo no Mikoto no Kami |
Kami de la Terre |
|
Tama |
La force de vie qui emplit tout chose |
|
Tendai |
Ecole fondée par Saicho. Son nom vient du chinois "Tien Tai". L'une des branches les plus importantes du bouddhisme Mikkyo. |
|
Tsuki Yomi no Kami |
Kami de la Lune |
|
Waka |
Poème, dont la forme est la suivante : cinq syllabes pour la première ligne, sept syllabes pour la deuxième ligne, cinq syllabes pour la troisième ligne, sept syllabes pour la quatrième, et sept syllabes pour la cinquième ligne. |
|
Yama biko ho |
technique de prononciation dite de "l'écho de la montagne" |
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Le Reiki aujourd'hui : de l'origine aux pratiques actuelles Ronald Mary, maître-enseignant de Reiki depuis une quinzaine d’années, donne, au travers de ce livre, un éclairage très précis de ce qu’est le Reiki aujourd’hui. Contexte historique, principes de base, initiation, symboles, notion de maître et d’élève, pratique et effets, tous les points essentiels du Reiki sont abordés et expliqués. Puis, dans une deuxième partie, l’auteur se livre à un inventaire des différentes formes de Reiki, en Europe et dans le monde. Des plus connues au plus discrètes, des plus spirituelles aux plus pragmatiques, des plus incontestables aux plus incertaines, chacune est répertoriée, expliquée, analysée. Les principaux contacts sont donnés ainsi que la bibliographie éventuelle pour chacune d’elles. "Le Reiki aujourd’hui" est donc l’ouvrage indispensable pour se faire une idée juste et précise de cette pratique. Véritable mine d’or pour initiés ou simples curieux, chacun y trouvera ce qu’il cherche.
Biographie de l'auteur : Vous trouverez en page 219 un chapitre sur "Reiki et Kototama" écrit par mes soins. |
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reiki, depuis son origine, son enseignement par les grands maîtres, jusqu'à sa
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Biographie des auteurs :
Vous trouverez en page 105 et 106 de ce livre les Wakas
de l'Empereur Meiji traduit par Noriko Matsuzawa et moi-même. |
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différentes modalités de l'enseignement du Kototama, cliquez ici
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