Kototama, le Chant des mots-âmes : formations sur Paris et en Suisse


Le Kototama est une pratique du Son originaire du Japon.

En japonais, kototama signifie "mot-âme" ou "esprit du mot" : les "mots-âmes" sont les sons purs qui cristallisent les vibrations originelles que nous percevons ensuite comme couleur, son et forme, dans le monde manifesté. Avant que toute manifestation soit perceptible dans le plan matériel, son essence vibre, résonne sur les plans subtils : ainsi, chaque principe manifesté par la couleur, le son ou la forme, a un kototama, un "mot-âme", une vibration principielle sacrée qui contient son essence, et en permet la manifestation. Ces "mots-âmes" n'ont de signification dans aucune langue : ils sont le substrat vibratoire essentiel de toutes les langues. Ainsi, la maîtrise du Kototama permet de décoder le sens originel des mots, quelle que soit la langue à laquelle ils appartiennent.

Kototama, le chant des "mots-âmes", nous invite à l'écoute de l'Etre, à la présence simple à l'Ici-Maintenant, par la résonance intérieure des sons originels.

Extrait d'un article écrit par Bruno Traversi en 2008 :

"L’idée et l’expérience d’un verbe que l’humain porte, dont il est le vecteur, mais qui le dépasse est ce qui unit toutes ces disciplines spirituelles. Il y a en fait deux façons fondamentales de considérer la parole humaine. Soit nous la considérons comme formée par l’individu, produit de l’individu dans son rapport à autrui, autrement dit telle une parole dont la genèse s’explique par des facteurs psychologiques et culturels. Chaque parole prononcée peut alors être considérée comme le fait de telle ou telle personne. Soit elle peut être regardée, au contraire, comme quelque chose de sacré qui traverse l’individu, dont la nature caractérise et transcende l’humanité. C’est ce qui fait dire à Morihei Ueshiba et à Goi Masahisa, son ami spirituel, que chaque parole dite, aussi ordinaire soit-elle, alors même que nous croyons la créer au moment où nous la prononçons, n’est en fait qu’une image d’une autre parole, plus haute et créatrice, divine : «Le kototama, c’est la résonance qui précède la pensée et qui amène le caractère et le son.[…] Lorsque sons et caractères sont manifestés, c’est que la fonction du kototama, son action s’est déjà réalisée» (Takemusu Aiki, volume 2, p.119). Alors, ce n’est plus l’individu qui forme la parole, mais tout au contraire, c’est la parole qui forme l’individu, en le faisant parler, en le faisant écrire, en le faisant agir. Dans une telle expérience, la parole révèle en quelque sorte son autonomie, et c’est, paradoxalement, en comprenant que la parole qu’il porte n’est pas son produit, mais la manifestation d’une réalité plus universelle que l’individu peut s’élever, progresser et dépasser son point de vue particulier. Ainsi pour Ueshiba Sensei, il faut, pour s’approprier la parole divine, accepter de se laisser agir par elle. Le kototama ne consiste donc pas seulement dans la prononciation des sons et des mots mais plus essentiellement dans le fait de recevoir une parole pour en devenir le vecteur."
Plotin, philosophe néoplatonicien du IIIème siècle, dont l’ascèse consistait à atteindre l’Un par un retour sur soi. Voici ce qu’il disait de la parole, à comparer avec l’extrait de Takemusu Aïki donné ci-avant : « La pensée de Dieu est un Premier Principe dont la nôtre dérive et diffère. Comme la parole extérieure n’est que l’image de la parole intérieure de l’âme, la parole de l’âme n’est elle-même que l’image de la parole d’un principe supérieur. » (Plotin, Ennéade II).

Chaque kototama est composé de "sons-mères" (voyelles) et de "rythmes pères" (consonnes).
Les "sons-mères" sont les cinq puissances, c'est-à-dire les cinq énergies dont le potentiel est utilisable par l'homme.
Les "rythmes-pères" sont les huit pouvoirs, c'est-à-dire les huit façons d'utiliser les cinq énergies mises à disposition par les sons-mères.
L'apprentissage du Kototama permet de conscientiser peu à peu les univers de sens évoqués par les cinq sons-mères et les huit rythmes-pères, afin de pouvoir, dans un premier temps, comprendre les lignes de sons enseignées depuis plus de 3000 ans dans cette tradition, mais également devenir le créateur de ses propres lignes de sons, adaptées au besoin du moment.

Les "mots-âmes" sont les sons purs qui cristallisent les vibrations originelles que nous percevons ensuite comme couleur, son et forme, dans le monde manifesté. Avant que toute manifestation soit perceptible dans le plan matériel, son essence vibre, résonne sur les plans subtils : ainsi, chaque principe manifesté par la couleur, le son ou la forme, a un kototama, un "mot-âme", une vibration principielle sacrée qui contient son essence, et en permet la manifestation.
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Le Kototama s'appuie sur trois principes : ANA, MANA et KANA.

ANA est le rythme universel, la source du rythme de vie des phénomènes de l'univers non manifesté. L'univers est entièrement rempli de ce rythme source. ANA est la vibration initiale, qui est encore silence.
MANA est la mise en vibration, dans le monde manifesté, d'ANA. Il est le rythme devenu son, en tant que constituant de la pensée. Il est le principe d'apparition d'ANA dans le monde perceptible.
KANA est la mise en vibration dans l'incarnation de MANA. Kana est la parole Divine, le Verbe, qui incarne Mana.

Selon ce principe, notre cerveau est sensé jouer un rôle de récepteur, captant en MANA le rythme d'ANA, et le transmettant aux zones du langage afin que les sons que nous émettons soient de nature KANA. Avant que le principe de Kototama soit caché, le rythme de notre cerveau (MANA) se synchronisait en permanence avec l'activité des rythmes universels (ANA). Notre langage (KANA) était alors le reflet exact, dans "l'ici-maintenant", du Vivant…

Reconnexion...Depuis l’occultation du principe de Kototama (illustré dans la Bible par l’épisode de la tour de Babel, celle-ci représentant la tentative de l’homme, aux premiers temps de l’incarnation, de reconstruire le canal du son reliant terre et ciel), et jusqu'à aujourd'hui, les principes de MANA et KANA ont été séparés : le cerveau n’exerce plus sa fonction de récepteur, et les sons que nous prononçons sont issus d’un langage arbitraire conventionnel (langage Hiluko) : nous avons une voix, mais nous avons perdu le « Verbe ». C'est la raison pour laquelle nous ne trouvons jamais la paix intérieure, et notre mental est sans cesse agité : il est perturbé par les sons dysharmonieux qu'il entend en KANA.
Le lien ANA / MANA étant interrompu, la pratique de Kototama propose d’atteindre MANA par KANA, en prononçant les mots-âmes conservés par les Gardiens du Son. Ainsi, par le biais de la boucle audio-phonatoire, qui envoie au cerveau via l'oreille les informations sonores que nous émettons, le cerveau va recevoir à nouveau l’énergie originelle d’ANA, et retrouver peu à peu, par résonance avec la vibration de celle-ci, sa fonction première de récepteur : il pourra alors à nouveau « résonner » avec le Vivant, au lieu de « raisonner » en vain…
La prononciation (murmurée, parlée, chantée) des kototama est une invitation à entrer dans le son, à le ressentir en nous jusqu'à "devenir" le son prononcé, afin de retrouver au centre de nous notre note fondamentale, expression de notre identité profonde. En nous permettant de reconnecter l'essence de toute chose, c'est notre propre nature essentielle et originelle que le Kototama nous permet de retrouver. Par le voyage intérieur sur le vaisseau du Son, la pratique de Kototama offre la possibilité de rétablir le lien intime entre l'ego et le Soi, entre le corps et l'esprit, dans le ressenti intime de la vibration du Son...

Le Kototama est une voie à part entière, pont sonore entre esprit et matière, dont la pratique permet de retrouver au centre de nous l'espace de paix et de sérénité à partir duquel notre nature profonde peut pleinement s'exprimer, dans l'harmonie et la joie du Vivant qui est en nous.

Son enseignement millénaire propose de travailler sur les trois plans, corps, âme et esprit :
- sur le corps, par la pratique de certains mouvements, ainsi que par la transmission des In (sceaux, mudra en sanskrit) associés aux mots-âmes ;
- sur l'âme, par la transmission et la pratique des mots-âmes ;
- sur l'esprit, par les pratiques de visualisation et de méditation associées aux mots-âmes.

Ces pratiques contribuent, par une restructuration progressive des plans physique, énergétique, émotionnel et mental, au dépassement des blocages intérieurs, et au rétablissement de la capacité originelle d'être à chaque instant, dans l'ici-maintenant d'une conscience unifiée...

Kototama est l'un des "moyens habiles" donnés à l'homme pour se reconnecter au Vivant qui est en lui, et pour l'incarner chaque jour davantage un peu, dans la présence à soi, la bienveillance, la joie et la sérénité...a

Shira tama o
Hikari nashi tomo
Omou kana
Migaki tarazaru
Koto o wasurete

Le Joyau
est terne :
je vois bien
que j'ai oublié
de le nettoyer...

Waka de Meiji Tenno

Misogi est un temps de purification des plans physique, énergétique, émotionnel et mental, offert par l'enseignant aux participants lors de chaque stage.
Par l'utilisation en conscience de ses instruments (percussions, gongs, bols tibétains, flûtes, etc) et par le chant de mots-âmes spécifiques, l'enseignant permet à chacune et chacun d'expérimenter un temps de lâcher-prise total dans le ressenti de l'énergie des sons purs, et de vivre un temps privilégié de libération des tensions et de purification des énergies physiques et subtiles...
Misogi est à la fois une douche et un massage sonore, nettoyant et purifiant sur les trois plans, dans l'ici-maintenant, permettant, par la résonance du son, de restaurer notre harmonie intérieure.
Vivre un Misogi est une expérience particulière, un moment de rencontre avec l'âme du Son, un temps béni de reliance avec soi, dans lequel chacune et chacun peut se retrouver dans l'espace sacré de la présence aimante et unifiée...
En plus des temps de Misogi offert par l'enseignant aux participants lors des stages, la pratique de l'Onsei-Do comprend l'enseignement de certaines pratiques de nettoyage par le son des émotions négatives, des pensées obsédantes, des énergies viciées.
Ces pratiques sont transmises lors des séminaires, et peuvent ensuite être pratiquées quotidiennement chez soi, comme des "douches" sonores permettant de se nettoyer chaque jour de de tout ce qui nous alourdit émotionnellement, mentalement ou énergétiquement, et nous empêche d'être présent au Vivant qui nous anime.


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