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Le Shintô est la religion indigène du Japon. Ses racines semblent remonter à la nuit des temps. Vers 9000 à 300 avant J.C., nous trouvons la culture Jomon qui est la plus ancienne du Japon. Elle vénérait des figurines femelles mais on ignore si le Shintô en est directement issu. Puis de 300 avant J.C. à 300 la culture Yayoi possède des caractéristiques qui rappellent certains aspects fondamentaux de la foi Kami.
Plus tard au cours de l'époque Kofun un peuple
nomade d'Asie centrale introduisit les symboles majeurs du Shintoïsme à savoir
les trois trésors sacrés: le sabre, le miroir du soleil et les joyaux
d'Amaterasu. C'est au cours de cette période que la dynastie impériale s'affirma
au sein d'une population qui était organisée en clans et c'est à la même époque
que furent construits les sanctuaires d'Izumo et d'Isé. Cela aboutit à la
création du culte de l'empereur, qui fut relégué à un rôle symbolique sous le
long règne des Shôgun (XIIème- XIXème siècles). En 1868 après plus de 250 ans de
Shôgunat Tokugawa, la restauration Meiji replaça l'empereur sur le trône et en
1871, le Shintô devint religion d'état.
Pendant cette période, tous les prêtres Shintô devinrent des employés du
gouvernement et les croyances et pratiques furent contrôlées par le bureau des
temples de Tokyo. Le terme Shintô date de cette période. Le Shintô d'état prit
fin en 1945 et l'empereur renonça à toute prétention à la divinité. La
constitution japonaise de 1947 interdit explicitement à l'état toute
participation aux affaires religieuses. Le Shintô redevint alors ce qu'il avait
été, un ensemble peu structuré de temples dédiés à un nombre infini de Kami.
Bien qu'il existe un panthéon de dieux et de déesses comme Amaterasu qui sont
vénérés dans tout le Japon, les Kami appartiennent presque toujours en propre à
leurs communautés respectives.
Ce qui caractérise le Shintô est son caractère local. Chaque temple est autonome
et possède au moins un ou deux rituels spécifiques.
Le Shintô est également remarquable par le fait qu'il s'agit d'une religion
n'existant qu'au Japon. Il n'y a jamais eu d'effort de prosélytisme. Du fait
qu'il rassemble un ensemble assez hétéroclite de cultes, il est quasi impossible
de bien le définir.
Comme le montre la chronologie de l'histoire japonaise dans le tableau
ci-dessous, les influences sur le Shintô ont été fréquentes au cours des
siècles.
| Période protohistorique | ||
| Ere Jomon | -9000 à -300 | Cultes de la fertilité |
| Ere Yayoi | -300 à 300 | Débuts du Shintô |
| Ere Kofun | 300 à 552 | Introduction des symboles majeurs |
| Période historique | ||
| Ere Asuka | 552-646 | Introduction du Bouddhisme |
| Ere Hakuko | 646-710 | Fondation des quatre écoles de Nara |
| Ere de Nara | 710-794 | Compilation du Kojiki et du Nihonshoki |
| Ere Heian | 794-1185 | Fondation et expansion du Tendai et du Shingon |
| Ere Kamakura | 1185-1333 | Fondation des écoles bouddhiste Terre Pure, Zen et Nichiren |
| Ere Ashikaga | 1333-1568 | Début du Christianisme au Japon |
| Ere Momoyama | 1568-1603 | Rapprochement puis prescription du Christianisme |
| Ere Tokugawa | 1603-1868 | Renaissance du Shintô |
| Ere Meiji | 1868-1912 | Début du Shintô d'état |
| Ere Taisho | 1912-1926 | Renaissance du Bouddhisme |
| Ere de Showa | 1926-1989 | Interdiction du Shintô d'état après la seconde guerre mondiale |
| Ere Heisei | 1989-de nos jours | |
Indépendamment
de son polythéisme et de son animisme, le Shintoïsme ne possède pas les
caractéristiques des grands monothéismes tel qu'un créateur unique, un fondateur
historique, une sainte écriture révélée, une dogmatique, un système éthique
codifié. Mais les mythes d'origine du Japon ont été compilé en 712 dans un
ouvrage appelé le Kojiki (livre des choses anciennes) considéré comme la
"bible" du Shintô. Il semble vraisemblable qu'il ait été écrit par de fervents
bouddhistes imprégnés de culture chinoise et que son objectif ait été plus
d'ordre politique que religieux, à savoir donner une légitimité à la dynastie
régnante. Le Kojiki a été réalisé sous l'impulsion
de l'impératrice Gemmyo qui chargea le lettré O no Yasumaro de
sa rédaction.
Le Kojiki est le premier texte écrit en japonais, bien qu'utilisant
encore la graphie chinoise. Il contient les traditions et les mythes les plus
anciens de l'archipel nippon mais triés, réformés, corrigés, pour atteindre le
but que l'empereur lui avait assigné.
Le Kojiki est composé de trois livres :
- Le premier livre rapporte de nombreux épisodes des différentes
générations de dieux qui peu à peu prennent possession du "pays des 8 grandes
îles" qui est alors le pays des dieux.
Aux origines, il existait trois divinités au ciel : Ame
no minaka nushi, Takami-musubi et Kami-musubi
qui ont eu beaucoup d'enfants, dont le couple
Izanagi et Izanami, qui ont créé les
fleuves, les montagnes, les îles et les Kami. En donnant naissance au
dieu du feu, Izanami se brûle, est tuée par cet enfant naissant et doit
partir pour les enfers. Pour se purifier des traitements subits aux enfers, elle
fait ses ablutions dans une rivière. C'est alors que naît de son œil gauche
Amaterasu, la déesse du soleil, de son œil droit Tsuki-yomi, le dieu
de la lune et de son nez Susanoo le dieu de la mer. Izanami
partage le monde entre ses trois enfants :
la plaine céleste à Amaterasu, le royaume de la
nuit à Tsuki-yomi et la plaine marine à Susanoo. Nigini, le
petit fils d'Amaterasu, descend sur terre pour
régner et rencontre la fille du dieu de la montagne "belle comme les arbres en
fleurs". Il la demande en mariage et le dieu de la montagne accepte. Mais ce
dernier envoie en même temps sa fille aînée comparable au rocher éternel et fort
laide. Nigini, ne supportant pas sa laideur,
la renvoie à son père : la légende indique que c'est pour cette
raison, ayant refusé ce symbole de l'éternité, que
les empereurs ont une vie brève, semblable à celle des
fleurs.
Différents épisodes se succèdent dans le
Kojiki, jusqu'à l'avènement du premier empereur humain semi
légendaire, Jimmu-Tenno qui aurait vécu selon la
tradition au IVème siècle avant J.C.
- Les deuxième et troisième livres sont
composés de généalogies des empereurs. C'est le temps de l'histoire qui par la
continuité illimitée de la lignée dynastique, assure une sorte d'éternité. On y
trouve des anecdotes vivantes et d'un style enjoué et raconte quelques épisodes
moraux de la vie des empereurs. Parfois elles sont accompagnées de ballades
populaires prises dans le folklore traditionnel. Elles donnent à l'ensemble un
accent d'authenticité et favorisent son ancrage dans la communauté.
Un autre ouvrage, le Nihongi ou Nihon Shoki (chronique du Japon)
fut écrit en 720. Il rapporte les
mêmes mythes que le Kojiki, mais il apporte une
place plus importante aux relations avec le continent et parle de la Corée et de
la Chine. Il donne souvent plusieurs versions de la même légende,
peut être pour exposer les différentes versions que détenaient chacun des clans
composant le pays de Yamato, ou par souci
d'objectivité. Il comprend aussi des légendes venues d'autres provinces, tirées
de chroniques régionales, les Fudoki.
Outre ces deux ouvrages que l'on peut qualifier d'officiel, on dispose, pour se faire une idée du Shintô, d'un très volumineux recueil de poèmes, le Man'Yôshû. L'empereur Junnin ordonna en 760 la réalisation de cet ouvrage regroupant toutes les poésies connues. Ces poésies datant du VIème, VIIème et VIIIème siècles ont des auteurs très divers allant de la cour impériale aux simples paysans. Elles sont toutes empreintes de sentiments très forts envers la nature et évoquent parfois les coutumes du pays, ou invoquent les Kami.
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Trois grandes valeurs priment dans l'esprit du Shintô :
- Le culte de la
nature.
- La pureté rituelle.
- la communion de l'homme avec les Kamis.
Le culte de la nature :
Le
Shintoïsme ne connaît pas l'au-delà, en tant quemonde de
récompense ou de punitions. Il se pratique selon un rituel dont la nature
représente la notion principale. Il s'agit de réaliser l'harmonie
en soi grâce à un profond attachement intérieur pour la
nature, une grande sensibilité notamment envers sa beauté esthétique. L'objectif
est de ne jamais lui nuire quelles que soient les circonstances.
"Le caractère sacré de la nature et de la vie constitue de fondement du
Shintoïsme" (Thomas Immoos).
Le Shintoïsme considère que l'univers est formé par le jeu d'énergies indestructibles apparaissant en un changement constant dans les phénomènes naturels, ceux ci étant des divinités (Kami) qu'il convient de vénérer pour obtenir leurs faveurs. L'empereur auquel était attribué les fonctions de grand prêtre était capable de maîtriser ces énergies de la nature. Aujourd'hui encore, l'empereur du Japon récite des prières, tourné en direction des quatre points cardinaux durant une cérémonie qui a lieu la nuit du nouvel an, afin de rétablir l'ordre de l'univers et d'assurer la prospérité de l'année qui commence.
La pureté rituelle :
La
pureté rituelle et son reflet dans l'âme humaine grâce à la valeur
capitale qu'est le Makoto, la sincérité intérieure, est un élément
essentiel du Shintoïsme qui en devient une "religion de la purification". Au
travers de la pureté intérieure, le Shintoïsme recherche la simplicité dans la
vie et l'harmonie avec la nature. A l'origine il semble que les japonais
pensaient que les Kamis s'offensaient de la souillure que représentaient la
mort, les blessures, la menstruation et l'enfantement. Il s'ensuivit
l'apparition de nombreux rites de purification destinés à apaiser les Kamis et à
gagner leur protection contre la sécheresse, les inondations et autres
catastrophes naturelles.
Les fidèles shintoïstes se purifient toujours avant de pénétrer dans l'enceinte
d'un temple. Celle ci contient un abreuvoir de pierre plein d'eau pure et une
louche de bambou avec laquelle les fidèles se lavent les mains et se rincent la
bouche purifiant ainsi leurs corps à l'intérieur et à l'extérieur pour se rendre
digne de se trouver en présence des dieux.
L'Ô-haraï (purification rituelle) est un rituel au cours duquel le prêtre
agite une branche de sakaki sacré au dessus de la tête du fidèle. Celui
ci est alors débarrassé de la pollution qu'il a accumulé et son équilibre
interne restitué lui permet de renouer des relations harmonieuses avec le monde
extérieur.
L'Ô-haraï s'effectue aussi sur des emplacements de construction ou des
objets pour éliminer les esprits malins qui pourraient s'y trouver.
La communion de l'homme avec les Kamis :
Les croyances et pratiques
shintô sont centrées sur le culte des Kamis, divinités qui contrôlent
presque tous les aspects de la nature et de la vie humaine. Selon les textes, il
existerait une infinité de Kamis, depuis les esprits qui animent les éléments du
monde physique jusqu'aux dieux et déesses eux mêmes, en passant par les ancêtres
immédiats de la famille.
La divinité la plus importante est Amaterasu no Kami (celle qui fait
resplendir les cieux) Kami du soleil, qui est à la fois chef du panthéon et
ancêtre divine de la famille impériale. Elle est vénérée à l'Ise-Jinzû
(Temple d'Ise, en quelque sorte, la "Mecque" du Shintoïsme).
Triptyque montrant
Amatesaru effrayée se réfugiant dans une caverne
et plongeant le monde dans l'obscurité. Il fallut avoir recours à un stratagème
pour la faire sortir.
Parmi les principaux
Kami on trouve Hachiman, empereur guerrier semi légendaire, et les
7 dieux de la chance dont chacun incarne une caractéristique désirable. On
ajoute souvent de nouveaux noms à la liste des principaux Kamis, par
exemple l'Empereur
Meiji (1868-1912) sous le règne duquel le Japon passa de l'état de pays
arriéré à celui de puissance mondiale, et le premier Shôgun Tokugawa
(1543-1616).
Mais même certains lieux sacrés sont considérés comme Kami dans la mesure
où ils sont censés animer les éléments du monde physique. On peut donner comme
exemple le Fuji, montagne la plus sacrée du Japon. Ceux qui l'escaladent
accomplissent un acte de dévotion. Il en va de même pour ceux qui visitent la
cascade de Nachi considérée comme un puissant Kami.
Il faut savoir que les Kami ne sont pas tous bienfaisants. Le Shintô
reconnaît également l'existence de nombreux démons (Oni) responsables
d'une infinité de maux. Il n'existe pas cependant de véritable dichotomie du
bien et du mal dans le Shintô. Tous les phénomènes animés ou inanimés
sont censés posséder à la fois des caractéristiques bonnes ou mauvaises. Aussi,
les Onis sont-ils des personnages ambivalents : ils existent sur terre et
dans un enfer souterrain appelé Jigoku. Les Onis ont à la fois des
caractéristiques négatives mais aussi positives.. Dans tous les cas, on
considère les malheurs infligés par les Onis comme la conséquence d'une
perturbation momentanée de l'ordre des choses et non comme la manifestation
d'une force du mal proprement dite.
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Le Shintô étant une tradition très ancienne, les temples reflètent l'évolution de l'histoire et de la technologie du Japon. Au début, les Jinja étaient de simples autels en plein air, souvent taillés à même la roche, sur lesquels on déposait des offrandes. Avec le temps, ces autels furent enfermés dans un espace clos et finirent par ressembler aux entrepôts de céramique de la culture Yayoi. Ces temples furent construit afin de conserver le corps du Kami (Shintaï) ou le Mitama-shino qui est un objet rituel, servant de support pour le culte.
Le
temple le plus sacré du Shintô est le Ise-Jingû (situé
dans la province de Mie) qui renferme le miroir impérial.
Il constitue un exemple de cette phase ancienne de l'architecture Shintô.
Le Shintô subit une transformation lorsque le Bouddhisme fut introduit au
japon vers la fin du VIème siècle. Non seulement la théologie shintoïste
s'adapta à cette foi étrangère et subit également l'influence du Confucianisme
et du Taoïsme, mais on commença à construire des temples typiquement chinois,
aux couleurs vives et aux ornements élaborés, ce qui marqua une rupture
significative avec la simplicité d'Ise.
La famille impériale rend visite
au Grand Temple d'Ise depuis des siècles.
Son temple intérieur et extérieur possède une histoire
officielle deux fois millénaire. Par tradition, aucune décision d'une grande
importance pour le Japon n'est prise sans qu'une prière soit adressée dans ce
temple.
"Amaterasu Oh Mi Kami", la déesse du Soleil est
vénérée dans le temple intérieur d'Ise, et "Toyoke no Oh Mi Kami",
le dieu de la terre est vénéré dans le temple extérieur.
Les constructions du Temple d'Ise, faites de cyprès japonais non peint et
coupés dans les forêts impériales de la montagne de Kiso, sont très
simples. Tous les vingt ans, lors d'une cérémonie appelée "sengu-shiki",
ces constructions sont démantelées et reconstruites sur des fondations
proches.
Le sol de ces temples décrit l'ensemble du Principe de Kototama.
La rivière qui coule sous le temple est appelée Iu suzu Gawa "la
Rivière des cinquante cloches", nom qui symbolise les vibrations de la création
universelle.
Le Shinto considère en effet les cinquante sons purs du Kototama,
desquels sont dérivés tous les mots, comme des déités individuelles.
Chaque syllabe est une déité, au service d'une fonction particulière
de l'évolution créatrice de l'Univers.
Les temples modernes vont des minuscules Jinja à de vastes ensembles de sanctuaires comme le Meiji-Jingû de Tokyo et le temple Heïan de Kyoto en passant par des temples de moyenne importance, les Taïsha. Mais la plupart sont situés au milieu d'arbres et de jardins, ce qui reflète l'importance de la nature dans la croyance shintoïste.
Pour
entrer dans l'enceinte d'un temple, les fidèles franchissent le Torii
(portail) qui représente le seuil séparant le monde séculier extérieur du monde
sacré des dieux. Il est généralement orné de Goheï, offrandes faites de
bandes de papier arrangées 2 par 2 qui symbolisent la présence de Kami.
La corde sacrée ou Shimenawa, qui peut être tendue sur le Torii,
est un autre signe de la sainteté du lieu.
Le temple lui même se compose généralement de 2 éléments principaux
: le Honden (sanctuaire), qui referme
l'effigie du Kami, et le Haïden (oratoire)
où les fidèles déposent les offrandes. Les sanctuaires ne sont pas des lieux de
prières au sens occidental, les fidèles n'y pénètrent jamais. Certains temples
sont très simples, ne comportant que le Honden,
alors que d'autres sont immenses, incluant parfois
une arène de Sumô, la lutte sacrée, ou un théatre de Nô. Le
sanctuaire est délimité par un petit mur.
Les rituels sont célébrés par des prêtres (kannushi) qui peuvent être des
deux sexes. Leur fonction est héréditaire et peut se transmettre soit au fils ou
à la fille mais également à l'épouse. Ces prêtres sont simplement des
paroissiens (Ujiko) instruit du rite, élus et rétribués par la
communauté. En dehors des rituels, leur vie est tout à fait normale,
sauf pour les prêtres affectés à de grands sanctuaires qui occupent leurs
fonctions à temps plein. Pour devenir prêtre, un paroissien peut suivre les
enseignements d'un autre kannushi ou recevoir une formation à
l'université. Il existe plusieurs niveaux selon le degré d'instruction suivi,
comme les Gûji, prêtres en chef ou encore les Negi, chargés du
rituel.
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On peut distinguer 4 formes fondamentales du Shintoïsme :
Le Shintoïsme populaire (Minkan Shintô), pratiqué dans les villages et dans les foyers. Les phénomènes naturels et les cycles agraires y jouent un rôle prépondérant de même que les lieux (terre, eau, montagne et forêt). Le culte, destiné notamment à chasser les démons et obtenir une terre féconde, est pratiqué différemment selon les régions.

Ces petites affiches appelées Uma sont des prières qui sont accrochées sur un
mur d'un temple Shintô
Le Shintoïsme des sanctuaires (Jinga
Shintô) est une religion à l'organisation rigoureuse,
qui s'imposa pendant l'époque Meiji. 218 sanctuaires nationaux et 110 000
sanctuaires régionaux furent édifiés. Il en existe encore 80 000 aujourd'hui. Il
s'agissait alors plus d'une idéologie politique que d'une véritable religion où
les prêtres, ne recevant qu'une instruction minimale,
étaient surtout des agents de propagande du pouvoir. A partir de 1945 se
développa un Shintoïsme académique (Fukko Shintô) qui possède une
doctrine élaborée et se préoccupe de recherches littéraires.
Le Shintoïsme d'état (Kokka Shintô) était étroitement lié au
Shintoïsme impérial (Koshitsu Shintô). Le Tennô, nom donné à
l'empereur, était vénéré en tant que descendant de la déesse solaire
Amaterasu et des ancêtres impériaux. On mettait l'accent sur la divinité de
l'Empereur, puisqu'il était issu
de la lignée directe de la déesse du soleil. Ce Shintoïsme devenait un véritable
culte national professant la pureté éthique et la sincérité du cœur intègre.
Cette forme de Shintô et son application à des doctrines ultra nationalistes et
expansionistes (l'Empereur
étant un dieu, il devait gouverner le monde), conduisit
au fanatisme le peuple japonais avec les conséquences que l'on connaît
lors du second conflit mondial.
Le Shintoïsme sectarien (Shûha Shintô) qui comprend aujourd'hui 13
sectes reconnues et une centaine de sous sectes issues du Shintoïsme populaire
depuis le XIXème siècle. Ces sectes, en grande partie ésotériques, furent
fondées par des personnages charismatiques durant les temps de crise. Un exemple
est le Tenri-Kyô (vérité céleste) qui repose sur le concept Shintô
fondamental de Kami et sur la notion que l'univers et tout ce qu'il contient est
animé par une hiérarchie de divinités.
Il convient ici de préciser que le terme de secte n'a pas en orient le sens
péjoratif qu'on lui connaît en occident : rappelons que l'étymologie du mot
secte se trouve dans le latin "secato", "découper", et désigne à
l'origine le "découpage", par un groupe d'individus, d'une partie de la doctrine
religieuse qui les intéresse le plus. Ainsi, dans le Shintô, qui connaît des
multitudes de Kami, un ensemble d'individus souhaitant se consacrer uniquement à
atteindre l'harmonie intérieure par la prière et l'identification à un seul Kami
vont se rassembler et constituer une "secte", dans le sens originel du terme.
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Au Japon,
le Bouddhisme coexiste avec le Shintô depuis l'an 593. Les missionnaires
bouddhistes construisirent leurs temples à proximité des Jinja et
proclamèrent que les Kami et les Bodhisattvas du Bouddhisme
Mahâyâna étaient les mêmes divinités.
Lorsque cette idéologie se précisa, une forme de Shintô connue sous le nom de
Ryôbu-Shintô (Shintô à double aspect) se développa,
dans laquelle les Kami et
les Bodhisattvas (Bosatsu en japonais) se fondaient en entités
divines uniques aux manifestations différentes.
C'est
sans doute dans les comportements religieux des japonais que les aspects
complémentaires des deux confessions sont les plus apparentes. La plupart des
japonais reconnaissent volontiers être à la fois shintoïstes et bouddhistes et
n'y voient rien de contradictoire. Par exemple, la grande majorité des japonais
se marient conformément aux rites Shintô et sont enterrés selon le rituel
bouddhiste. Ils mettent ainsi en relief la perception collective que le
Shintô est la religion de la vie et le Bouddhisme celle de la mort. C'est
ainsi qu'au cours des siècles s'est développé le culte d'Amida, "le
Bouddha sauveur des êtres après leur mort".
Le Bouddhisme n'est pas le seul système de croyance étranger ayant influencé le Shintô. Le Confucianisme et le Taoïsme inspirèrent également le système du Shintô. L'éthique de Confucius a ainsi fortement aidé à l'édification de l'état japonais. De même le culte des ancêtres a été intégré au Shintô tout comme le dualisme chinois du Yin et du yang. Au cours du temps, le Shintoïsme a ainsi subit de nombreuses modifications, celles ci étant le plus souvent adoptée par les échelons élevés de la société. Le peuple dans son ensemble était beaucoup plus hermétique aux changements. Aussi malgré les influences étrangères, la foi envers les Kami reste intacte pour l'essentiel. Tout indique qu'elle continue à jouer le premier rôle dans la vie spirituelle d'une majorité de japonais, quelles que soient les idées religieuses ou philosophiques qu'ils embrassent par ailleurs.
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Masahilo Nakazono parle de la relation entre Shinto et Kototama :
"A l'origine, les signes de l'écriture chinoise étaient prononcés avec les sons originels du langage Yamato, forme archaïque du japonais moderne. Mais les humains apprenaient le langage Yamato comme une langue ordinaire, en le mémorisant ; ils ne savaient pas reconnaître le sens inné des sons purs. Inévitablement, ce sens fut remplacé par le concept véhiculé par les idéogrammes. Du sens inné au concept intellectuel, puis du concept au son phonétique : après avoir représenté tel son pur par tel signe, le signe en vint à représenter une idée codifiée. De nombreuses lettres purent représenter un son unique, selon le sens qu'on lui attribuait. Enfin, on reprit le mot chinois que la lettre avait représenté.
Dans le langage Yamato,
les lettres
seraient prononcés "Kami nagara no michi" ou "Kami no michi".
Aujourd'hui, on les lit "Shindo". Le Shindo, ou Shinto, est
devenu la pratique "traditionnelle" du Japon.
Les pratiquants de Kototama font une distinction entre le Shinto japonais
moderne, ou "Shinto religieux", et l'étude et la pratique du principe originel
de Kototama, qu'ils appellent le "Ko Shinto", ce qui signifie
'Ancien Shinto", ou encore le Kan Nagara no michi, ce qui signifie "La
Voie des Dieux"...
C'est un exemple de la façon dont la vérité a été occultée. Le sens intérieur du Ko Shinto ou Kan Nagara no michi n'est teinté d'aucun contenu religieux ou philosophique. Il n'appartient pas à une culture spécifique. C'est une voie de pratique qui éveille la totalité de notre capacité humaine, dans le but de saisir la vérité de notre existence."
Tama signifie en japonais, à la fois l'âme, l'énergie de vie, mais également, écrit avec un autre kanji, il signifie "le joyau" : dans ma pratique, j'expérimente à quel point le Norito (prière traditionnelle du Shinto) est l'écrin précieux du joyau de Kototama...
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